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Lixus aujourd’hui
Situé dans le nord-ouest de l’actuel Maroc, sur la côte atlantique, à cinq kilomètres environ à l’est de la ville de Larache, le site archéologique de Lixus occupe la colline connue localement sous l’appellation de Choummich, qui signifierait « l’ensoleillée » ou renverrait à une reine légendaire, « Choummicha ». Ce terme a par ailleurs été mis en relation avec le nom « MQM SMS » gravé sur des monnaies néo-puniques dont l’atelier de frappe reste non localisé. Sans parvenir à lui donner de signification arrêtée, la communauté scientifique s’accorde néanmoins pour reconnaître au nom Lixus une origine locale. Perchée à une altitude de 80 mètres, la colline offre une magnifique vue panoramique sur l’océan, les rivages sinueux de l’oued…
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Lixus dans l’histoire
Lixus se distingue comme le plus ancien comptoir phénicien installé sur le littoral de l’actuel Maroc. Alors que les récits de Pline l’Ancien (Histoire Naturelle, XIX, 63), Velleius Paterculus (Histoire romaine, I, 2, 3) et Justin (Abrégé des Histoires philippiques, XLIV, 5, 1) font remonter sa création à 1110 avant notre ère, les preuves matérielles ne sont pas antérieures au Xe siècle, et démontrent par ailleurs qu’une cité indigène a préexisté à l’établissement dudit comptoir. Il est possible de distinguer une période dite « orientalisante » durant laquelle les explorateurs phéniciens commençaient tout juste à fréquenter les côtes de cette région de l’Afrique, et une seconde période où les contacts commerciaux s’établirent de manière régulière avec la population locale. La…
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Lixus dans son paysage
La plupart des auteurs anciens n’ont pas manqué de souligner l’attrait géomorphologique du site de Lixus, caractérisé particulièrement par le fleuve Loukkos. On estime que la ville primitive se trouvait au bord d’une grande lagune tout près de la mer et que les changements climatiques survenus à une époque postérieure ont poussé ses occupants à l’abandonner. Selon Pline l’Ancien, « C’est là qu’on a placé le palais royal d’Antée, son combat avec Hercule et les jardins des Hespérides. De fait, l’estuaire est pénétré par les flots de la mer en un cours sinueux, en quoi on reconnait à présent que ce fut l’équivalent du dragon montant la garde. Cet estuaire embrasse une île qui, au milieu d’une région sensiblement plus…
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Histoire de la recherche à Lixus
La découverte du site de Lixus est attribuée au docteur et voyageur allemand Heinrich Barth, qui signale pour la première fois ses ruines en 1845 (Barth, 1849). Le diplomate français Charles Tissot lui consacre une description très détaillée : « Barth n’a pas exagéré les difficultés qui s’opposent à une exploration des ruines de Lixus. La plus grande partie de l’area de la cité antique n’offre qu’un épais fourré de caroubiers, de myrtes, de lentisques et d’oliviers sauvages qu’un lacis de ronces et de lianes achève de rendre absolument impénétrable sur plusieurs points. Ce n’est pas sans peine que j’ai réussi à suivre la ligne entière des murs et à traverser l’enceinte dans deux directions différentes » (Tissot, 1878, p.…
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Les recherches les plus récentes ou en cours à Lixus
À partir des années 1990, plusieurs programmes de recherche, maroco-étrangers pour la plupart, investissent divers thèmes et secteurs du site. Parmi les programmes maroco-espagnols, citons : « Les origines de Lixus », codirigé par Mohamed Habibi (INSAP) et Carmen Aranegui Gascó (université de Valence) (1995-2003) dont les fouilles ont abouti à l’identification de trois niveaux stratigraphiques : maurétanien IIIe-IIe siècle avant notre ère), punico-maurétanien Ve-IIIe siècle avant notre ère) et phénicien (VIIIe-VIIe siècle avant notre ère) (Aranegui, 2001 et 2005; Habibi, 2006). « Las cámaras de Montalbán » (2005-2009), programme codirigé par Hicham Hassini (INSAP) et Carmen Aranegui Gascó (université de Valence). Les travaux se sont concentrés sur l’étude du secteur sud-ouest du complexe palatial dont la chronologie, l’architecture et…
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Références bibliographiques
AKERRAZ, Aomar, 1992, « Lixus du Bas-Empire à l’Islam », Actes du Colloque de Larache (8-11 novembre 1989), Lixus, Publications de l’Ecole Française de Rome, 166, p. 379-385. AKERRAZ, Aomar, -EL KHAYARI, Abdelaziz, 2000, « Prospections archéologiques dans la région de Lixus. Résultats préliminaires », L’Africa Romana, XIII, p. 1645-1668. AKERRAZ, Aomar, EL KHAYARI, Abdelaziz, ESSADRA, Layla, SIRAJ, Ahmed, RANIERI, Gaetano, SPANU, Pier Giorgio, ZUCCA, Raimondo, 2009, « Lixus colonia a Claudio Caesare facta. Rapporto preliminare sulla missione archeologica marocco-italian (2003-2004) », Naves plenis velis euntes, (A. Mastino, P. G. Spanu, R. Zucca, eds.), Roma, p. 291-307. AKERRAZ, Aomar, 2015, « Lampe en bronze trouvée à Lamdanna (region de Tlata Raïssana) », in A. AKERRAZ, A. S., ETTAHERI et M.…En savoir plus...